Les Français et leur budget logement (6)

Le logement

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Après une légère baisse en 2017, les dépenses en matière de logement repartent à la hausse et retrouvent leur niveau enregistré en 2016. Les dépenses consacrées au logement continuent ainsi à peser sur le budget des foyers, notamment pour les locataires.

Consultez l’infographie complète « Les Français et leur budget logement »

A. Une augmentation du budget logement en 2018…

 

Les Français déboursent en moyenne 661 € par mois pour se loger (loyer sans les charges ou remboursement d’emprunt). Cette enveloppe consacrée au logement enregistre une hausse de 30 € par rapport au montant déclaré l’année dernière. Dans le détail, le remboursement d’emprunt est de 790 € en moyenne pour les propriétaires, tandis que les locataires déboursent en moyenne 566 € pour leur loyer.

Les habitants de la région parisienne déboursent en moyenne 852 € contre 617 € pour les personnes habitant en région.

Cette enveloppe budgétaire correspond à un taux d’effort moyen de 24,3 % (part des dépenses du logement dans les revenus mensuels du foyer). Ce taux d’effort est plus élevé d’1,1 point par rapport à 2017. Pour 28 % des répondants, le taux d’effort moyen passe même la barre du tiers des revenus du foyer.

Que le logement soit loué dans le parc privé ou classé HLM, le taux d’effort reste très élevé chez les locataires (38 % dans les deux cas).

On observe que près de la moitié des locataires et des personnes issues des catégories populaires consacrent plus d’un tiers de leurs revenus aux dépenses de logement (respectivement 48 % et 44 %). A l’inverse, les séniors âgés de 65 ans et plus, catégorie de la population dans laquelle on compte le plus de propriétaires ayant fini de rembourser leur logement, sont une majorité à consacrer moins de 5 % de leurs revenus à leur maison ou appartement (67 %).

Le logement est ainsi considéré comme un poste de dépenses prépondérant dans le budget global des foyers et continue à avoir un impact important sur les autres postes de dépenses. Ainsi, les Français estiment que la part de leur budget mensuel consacrée au logement a un impact important sur leur capacité d’épargne (60 %, 27 % très important), les vacances (57 %), l’amélioration du logement (57 %), les loisirs (53 %) et même la consommation alimentaire (51 %). Ils sont également nombreux à pointer du doigt l’impact du logement sur les dépenses en matière d’habillement et de santé (respectivement 47 % et 44 %).

Les locataires sont particulièrement concernés et estiment encore plus que les propriétaires que leur loyer a un impact important sur tous leurs autres postes de dépenses (écarts compris entre 7 et 26 points par rapport aux propriétaires). On note que leur capacité d’épargne en est particulièrement affectée (74 %), notamment pour les locataires du parc privé (78 %, 43 % très important).

Malgré une hausse du budget moyen consacré au logement et du taux d’effort par rapport aux revenus, les Français sont moins nombreux cette année à considérer que la part des revenus du foyer consacrée aux dépenses de logement est trop importante par rapport à leurs revenus(29 %, -10 points), à la qualité du logement (21 %, -8 points), à sa situation géographique (21 %, -6 points) ou à sa surface (20 %, -7 points).

Mais dans le détail, des disparités importantes se font jour selon le statut de chacun, les locataires souffrant davantage de cette situation : 43 % des locataires considèrent ainsi que leurs dépenses dédiées au logement sont trop importantes par rapport à leurs revenus. Ils restent tout de même moins nombreux que l’année dernière à partager ce constat (-14 points).

Plus d’un tiers des habitants de l’agglomération parisienne estiment que la part des revenus de  leur foyer consacrée aux dépenses de logement est trop importante par rapport à leurs revenus (36 % contre 27 % pour les personnes habitant en zone rurale). La moitié des locataires dans le parc privé partagent également ce constat (49 % contre 33 % pour les locataires de logement HLM).

B.   …qui génère des tensions financières, notamment pour les locataires

 

Dans ce contexte, plus d’un tiers des Français avouent éprouver des difficultés financières pour faire face à leur loyer ou à leur remboursement d’emprunt immobilier (34 %). Cette situation de tension concerne davantage de Français cette année (+3 points).

Là encore, les locataires sont plus affectés (47 % ont des difficultés à faire face à leurs loyers). 15 % des locataires éprouvent même beaucoup de difficultés. Plus en détail, on note que la situation des locataires de logements HLM est encore plus compliquée : 52 % déclarent avoir des difficultés pour régler leur loyer, 21 % beaucoup de difficultés.

La principale solution envisagée pour faire face à ces difficultés est de réduire les autres dépenses de consommation, qu’il s’agisse de l’alimentation, de l’habillement ou des loisirs (65 %, +4 points). Les autres options sont moins citées comme le fait d’essayer d’augmenter ses revenus (29 %, -5 points) ou de déménager : 17 % pour aller dans un endroit moins cher (+2 points) et 10 % pour déménager dans un logement plus petit (+1 point). Seule une minorité évoque la possibilité de s’installer en colocation (5 %, +1 point).

Augmenter ses revenus pour pallier les difficultés à payer son loyer ou rembourser son emprunt n’est cité que par une minorité de personnes, tandis que le fait de mettre son logement à louer sur des plateformes comme Airbnb n’est le fait que de 3 % des Français (5 % l’envisagent). Toutefois, les personnes qui éprouvent des difficultés à faire face à leurs dépenses de logement sont plus nombreuses à déclarer avoir déjà mis leur logement en location sur ce type de plateformes (6 % contre 1 % pour les personnes n’ayant pas ce type de difficultés).

Au final, dans une recherche de maison ou d’appartement, le montant du loyer/le prix d’achat se classe ainsi comme le 1er obstacle que rencontrent les Français (48 %), devant l’absence de logements correspondants à ses critères (30 %). Les garanties demandées (20 %), la difficulté à revendre le bien (17%) ou encore l’obtention d’un crédit (14 %) ne viennent que dans un second temps.

Là encore, le montant du loyer est un obstacle encore plus important pour les locataires (68 %, 71 % pour les locataires du parc privé) tout comme les garanties demandées (29 %).

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements :

  • Le budget que les Français consacrent à leur logement (loyer ou remboursement d’emprunt) demeure un poste de dépenses important qui impacte de manière très forte la capacité d’épargne de chacun, les loisirs en général et des budgets essentiels comme l’alimentation, la santé ou l’habillement.
  • Dans ce contexte, le statut d’occupation du logement est particulièrement discriminant. On note ainsi que pour les locataires, dans le parc privé et de logements classés HLM, le loyer est une source de tension. La moitié d’entre eux éprouvent des difficultés financières pour régler ce poste de dépenses et ils partagent le sentiment qu’il demeure trop important par rapport à leurs revenus.
  • Hormis le fait de se restreindre sur d’autres postes de dépenses, peu de solutions sont envisagées pour faire face à ce type de difficultés. On note tout de même que si la location de son logement sur des plateformes comme Airbnb n’est le fait que d’une minorité, il s’agit avant tout de personnes éprouvant des difficultés financières qui voient là une solution pour boucler leur budget.
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