Les Français et leur budget énergie (7)

L’énergie

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1- Au prix d’un comportement rationalisé et économe, le budget énergie des Français reste stable

> Le sentiment que les dépenses énergétiques poursuivent leur augmentation se retrouve cette année encore dans la septième vague consacrée au budget énergie des Français. Pour la majorité des Français interrogés, leurs dépenses énergétiques ont augmenté depuis 5 ans (65 %, – 2 points). Si un quart d’entre eux estime que ces dépenses sont stables (27 %, + 2 points), seule une minorité constate une baisse (7 %, – 1 point).

Alors que les esprits restent marqués par le sentiment d’une augmentation de ces dépenses, le budget mensuel moyen déclaré pour l’énergie dans les foyers reste stable (163 €, – 9 € par rapport à la vague de février 2017). Ce budget confirme les ordres de grandeur observés en 2016 (165 €) et 2017 (172 €).

Si le budget moyen consacré aux dépenses énergétiques reste stable, il apparaît que les Français adoptent des gestes simples leur permettant de ne pas voir s’envoler leurs factures de gaz ou d’électricité. A ce titre, trois réflexes sont solidement ancrés dans les habitudes de la quasi-totalité des Français : acheter des ampoules basse-consommation (91 %), préférer la douche au bain (90 %) et ne faire tourner les appareils ménagers qu’une fois qu’ils sont pleins (90 %). Des comportements comme privilégier le séchage à l’air libre pour éviter d’utiliser son sèche-linge (80 %, + 6 points) et réduire la température moyenne à l’intérieur de son logement (77 %, + 9 points) enregistrent cette année une augmentation importante, signe de la prise de conscience généralisée que des gestes simples peuvent permettre de réduire les dépenses d’énergie.

Décidément acteurs de leur maîtrise énergétique, les Français continuent à se saisir de nouvelles opportunités qui se présentent à eux, comme faire jouer la concurrence entre fournisseurs d’énergie (32 %, + 6 points) et suivre sa consommation énergétique à l’aide d’outils numériques ou d’objets connectés (25 %, + 5 points). En effet, ces deux pratiques poursuivent leur adoption par le grand public depuis leur entrée dans ce baromètre en 2016.

Par ailleurs, on note qu’un peu plus de 10 ans après l’ouverture totale à la concurrence du marché de l’énergie en France, la majorité des Français se déclarent prêts à changer de fournisseur d’énergie pour bénéficier d’un tarif plus avantageux (72 %, 37 % tout à fait prêt).

2 – Le souhait d’améliorer les performances énergétiques du logement et de privilégier les énergies renouvelables se heurte à un manque d’accompagnement

> Soucieux des performances énergétiques de leur habitation, la majorité des Français ont déjà réalisé des travaux d’isolation énergétique dans leur logement pour réduire leurs dépenses (70 %).

Les mesures les plus répandues cette année encore sont la pose de double vitrage (62 % des Français l’ont déjà réalisé), l’isolation des combles (44 %) et l’isolation du toit et des murs (42 %). Hormis l’isolation, les Français ont également agi sur le chauffage mais dans une moindre mesure : 32 % pour le changement de chaudière et 30 % pour le changement des appareils de chauffage.

Par ailleurs, plus d’un tiers des Français envisagent de réaliser au moins un type de travaux d’isolation pour réduire les dépenses énergétiques de leur logement (35 %, chiffre stable par rapport à l’année dernière). Certains travaux comme l’isolation des combles (16 %, + 3 points), l’isolation du toit et des murs (15 %, chiffre stable) et la pose de double vitrage (15 %, + 2 points) sont particulièrement cités.

> Alors que les Français expriment la volonté de réaliser des travaux d’économies d’énergie, on remarque que les personnes ayant franchi le pas au cours des 12 derniers mois ont avant tout assuré ce financement par leur épargne en payant comptant (63 %, +1 point) ou par un prêt bancaire classique (24 %, + 4 points) plutôt que par des solutions dédiées. En effet, seule une minorité a bénéficié d’une offre de prêt à taux réduit comme un prêt personnel travaux verts ou un prêt économie d’énergie (14 %), ou encore d’un crédit renouvelable (4 %). Plus en détail, la majorité des personnes ayant effectué des travaux au cours de l’année passée déclarent ainsi n’avoir bénéficié d’aucun dispositif de financement (58 %). A l’inverse, le CITE, du Crédit d’impôt transition énergétique, et le PTZ+, éco-prêt à taux zéro, ont bénéficié à respectivement 22 % et 15 % des personnes ayant fait des travaux.

> Dans cette recherche de performance énergétique et de maîtrise des coûts, le recours aux énergies renouvelables suscite toujours autant d’intérêt. Aujourd’hui, les Français voient d’un bon œil l’alimentation en énergies renouvelables de leur logement : 85 % y seraient plutôt favorables quand 64 % seraient même prêts à changer de fournisseur d’énergie pour en bénéficier. Plusieurs raisons nourrissent le fait d’y être favorable, notamment l’impact sur l’environnement (49 %, + 6 points) et l’impact sur le budget (36 %, – 5 points). Cette envie encore plus forte de bénéficier d’une énergie renouvelable pour des raisons environnementales est à replacer dans un contexte où le changement climatique prend de plus en plus de place dans l’actualité et les médias.

> Comme pour les travaux permettant de renforcer les performances énergétiques du logement, certains freins se dressent encore au passage à l’énergie verte. Les personnes se déclarant défavorables à ce que leur logement soit alimenté par des énergies renouvelables justifient cette position en raison de l’investissement financier que cela représenterait (35 %), la qualité de l’alimentation en énergie que cela procure (18 %) et l’impact sur l’environnement (18 %). De manière plus générale, les Français sont sous-informés sur ce sujet. 56 % d’entre eux déclarent ainsi ne pas être suffisamment informés sur les offres d’équipements en énergie renouvelable pour leur foyer (+ 13 points). Cette augmentation importante s’explique par la juxtaposition de leur intérêt manifeste pour ces questions (dans un contexte actuel où les questions environnementales sont omniprésentes) et de la difficulté à disposer d’éléments tangibles permettant d’envisager sérieusement des aménagements pour le foyer.

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements :

> Les Français s’impliquent dans la gestion de la consommation d’énergie dans leur foyer, en effectuant quotidiennement des actions visant à réduire cette consommation et en envisageant la réalisation de travaux de performances énergétiques. Par ailleurs, les alertes répétées et médiatisées sur le changement climatique semblent avoir accru dans une certaine mesure leur volonté de réduire leur empreinte énergétique.

> Pourtant les questions de financement de potentiels travaux de rénovation et le manque d’informations relatives aux offres d’équipements en énergies renouvelables sont de nature à freiner les Français dans leurs entreprises de rénovation.

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